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Economie

SND30 : Le déficit de logements sociaux atteint 13 400 unités en 2025

Francois Gael Mbala24 août 2026Mis à jour le 24 août 2026Temps de lecture 4 min
SND30 : Le déficit de logements sociaux atteint 13 400 unités en 2025
L'ECONOMIE

Sur les 17 000 logements sociaux prévus par la Stratégie nationale de développement à l’horizon 2025, seuls 3 600 ont été réalisés, soit un taux d’exécution de 21,2 %. Les documents d’évaluation à mi-parcours consultés par L’Economie relèvent également des résultats inférieurs aux objectifs en matière d’habitat décent, avec des écarts qui atteignent 13 points.

Le rapport d’évaluation à mi-parcours de la SND30 contient un tableau qui, à lui seul, résume l’échec de la politique nationale en matière d’habitat. Depuis 2021, la proportion de Camerounais vivant dans un logement décent est restée figée à 35,0 %, année après année, pendant que l’objectif fixé par la stratégie se situait, lui, jusqu’à 42 % en…

Sur les 17 000 logements sociaux prévus par la Stratégie nationale de développement à l’horizon 2025, seuls 3 600 ont été réalisés, soit un taux d’exécution de 21,2 %. Les documents d’évaluation à mi-parcours consultés par L’Economie relèvent également des résultats inférieurs aux objectifs en matière d’habitat décent, avec des écarts qui atteignent 13 points.

Le rapport d’évaluation à mi-parcours de la SND30 contient un tableau qui, à lui seul, résume l’échec de la politique nationale en matière d’habitat. Depuis 2021, la proportion de Camerounais vivant dans un logement décent est restée figée à 35,0 %, année après année, pendant que l’objectif fixé par la stratégie se situait, lui, jusqu’à 42 % en 2025.

Selon le rapport d’évaluation à mi-parcours élaboré par le Comité national de suivi-évaluation (CNSE), 3 600 logements sociaux ont été réalisés sur une cible de 17 000 unités, soit un taux d’exécution de 21,2 %. Le déficit atteint ainsi 13 400 logements par rapport à l’objectif fixé pour cette échéance.

Le rapport recense pourtant plusieurs initiatives engagées par les pouvoirs publics depuis le lancement de la SND30. Il cite notamment la construction de 1 520 logements dans le cadre de la coopération sino-camerounaise. Ces logements sont répartis entre Yaoundé et Douala, avec 660 unités chacune, ainsi que dans les villes de Limbé, Sangmélima, Bafoussam et Bamenda, à raison de 50 logements par ville.

Le document mentionne également le partenariat conclu avec la société italienne Pizzarotti pour la construction de 10 000 logements, dont une première phase comprenant 175 logements témoins.

À ces programmes s’ajoute un projet d’aménagement de 50 000 parcelles constructibles réparties dans 22 localités. Le dispositif cible notamment les dix capitales régionales, six villes universitaires et industrielles et six chefs-lieux de département. Malgré ces différentes initiatives, le niveau de réalisation reste très inférieur à la cible retenue par la SND30.

Le rapport parcouru par L’Economie relève par ailleurs que l’accès au logement décent demeure une préoccupation, notamment dans les zones urbaines où l’habitat reste marqué par l’occupation de « sites à risque » ou « non viabilisés ».

L’habitat décent reste sous les objectifs

Le retard ne concerne pas uniquement le nombre de logements sociaux construits. Il apparaît également dans l’indicateur relatif à la proportion de la population vivant dans un habitat décent. Dans l’annexe consacrée à la protection sociale, la SND30 prévoyait une progression de cet indicateur de 35,1 % en 2020 à 42 % en 2025.

Or, la série présentée dans le rapport indique un taux réalisé de 35 % entre 2021 et 2025. L’écart avec la cible s’est ainsi progressivement accru, passant de 1,4 point en 2021 à 7 points en 2025. Cette évolution traduit une stagnation de l’indicateur au regard de la trajectoire initialement fixée par la stratégie. Mais l’évaluation fait apparaître une autre série statistique dans le chapitre consacré à la modernisation urbaine.

Deux séries statistiques dans le même rapport

Au paragraphe consacré à la modernisation urbaine, le rapport présente le même indicateur sous une autre base. Selon cette série, la proportion de la population vivant dans un habitat décent serait passée de 40 % en 2020 à 47 % en 2025. L’objectif fixé pour 2025 est alors de 60 %, soit un écart de 13 points entre la réalisation et la cible.

Le rapport mentionne par ailleurs, dans la présentation des objectifs du secteur, une ambition de porter cet indicateur à 70 % en 2025. Ces différentes données introduisent une divergence dans l’évaluation du même indicateur. Le document ne précise pas si ces écarts résultent de définitions différentes de l’habitat décent, de méthodologies distinctes ou de sources statistiques différentes. Cette absence d’explication limite la comparaison des résultats et rend difficile l’appréciation précise de l’évolution de l’accès au logement décent depuis le lancement de la SND30.

Maisau-delà de la production de logements sociaux, les chiffres consultés montrent un retard dans l’amélioration des conditions d’habitat. La SND30 avait retenu le logement et l’aménagement urbain parmi les leviers de l’amélioration des conditions de vie des populations. L’objectif consistait notamment à accroître l’offre de logements, à améliorer l’accès aux infrastructures urbaines et à réduire l’habitat précaire.

À mi-parcours, les résultats apparaissent cependant inférieurs aux ambitions initiales. Avec 3 600 logements sociaux réalisés sur 17 000 attendus, le taux d’exécution s’établit à seulement 21,2 % et laisse un déficit de 13 400 unités. La situation de l’habitat décent confirme cette difficulté, même si l’ampleur du retard varie selon les données utilisées dans le rapport.

Le défi de la seconde moitié de la SND30

La seconde moitié de la SND30 devra en effet permettre d’accélérer la production de logements et l’aménagement de terrains constructibles, tout en améliorant la qualité des données utilisées pour mesurer les progrès. L’enjeu est d’autant plus important que la croissance démographique et l’urbanisation continuent d’accroître la demande de logements dans les grandes villes camerounaises. Les programmes déjà engagés constituent une première réponse, mais leur rythme de réalisation devra augmenter pour réduire le déficit accumulé.

À quatre années de l’échéance de la SND30, le bilan du secteur fait ainsi apparaître deux défis. Le premier est quantitatif, avec 13 400 logements sociaux séparant les réalisations de la cible de 2025. Le second est statistique, avec des niveaux différents pour un même indicateur d’habitat décent selon les parties du rapport.

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Tags :Actualité du CamerounAfriqueCamerounCEMACSND30
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