Finances publiques : Alain Symphorien Ndzana Biloa passe le système fiscal camerounais au scalpel

Alors que le Cameroun vise 3 600 milliards de FCFA de recettes fiscales en 2026, l’inspecteur principal des impôts hors échelle à la Direction générale des impôts, consacre 696 pages aux mécanismes et aux enjeux du système fiscal camerounais. L’ouvrage, publié le 19 mai 2026, aux Editions du Panthéon en France, paraît au moment où l’État accélère l’élargissement de l’assiette et la mobilisation des recettes intérieures.
Inspecteur principal des impôts hors échelle à la Direction générale des impôts, Alain Symphorien Ndzana Biloa publie « La fiscalité camerounaise au scalpel ». Paru aux Éditions du Panthéon le 19 mai 2026, cet essai de 696 pages se présente comme une analyse d’ensemble du système fiscal camerounais. L’ouvrage intervient dans un contexte marqué par une accélération des réformes et une volonté accrue de mobilisation des recettes publiques.
La loi de finances 2026 fixe ainsi l’objectif de recettes fiscales à 3 600 milliards de FCFA, contre 3 200 milliards en 2025. Pour atteindre cette cible, l’État mise notamment sur l’élargissement de l’assiette fiscale. La taxation des compagnies aériennes étrangères et des entreprises numériques non résidentes, ainsi que l’exigence d’une attestation de conformité fiscale pour certaines démarches administratives, corroborent cette orientation.
C’est dans cet environnement que l’auteur examine les mécanismes, les évolutions et les enjeux du système fiscal camerounais. Dès les premières pages, il définit les prélèvements obligatoires comme des versements destinés au financement des dépenses publiques et résultant d’un processus collectif de décision. Une approche qui place l’impôt dans sa dimension institutionnelle et économique, au-delà de la seule relation entre l’administration et le contribuable.
L’un des axes de réflexion porte sur les réformes nécessaires et sur la perception de l’équité fiscale. La question est particulièrement sensible dans une économie où le secteur informel occupe une place importante, tout en contribuant de manière limitée aux recettes publiques. Pour l’auteur, l’efficacité du système fiscal ne repose donc pas uniquement sur la capacité de l’administration à collecter davantage, mais également sur la confiance du contribuable dans le principe de l’impôt.
La particularité de l’ouvrage tient aussi au parcours de son auteur. Juriste et lauréat de l’ENAM de Yaoundé, Alain Symphorien Ndzana Biloa exerce au sein de l’administration fiscale camerounaise. Cette expérience nourrit une analyse qui associe pratique administrative et réflexion doctrinale.
Ce livre constitue le quatrième ouvrage de l’auteur. Il avait auparavant publié « La fiscalité, levier pour l’émergence des pays africains de la zone franc » en 2016 aux éditions L’Harmattan, puis « Sauvons l’impôt pour préserver l’État » en 2018 et « Un système fiscal international 3G » en 2021, tous deux aux Éditions du Panthéon. Ces deux derniers ouvrages étaient notamment consacrés aux problématiques de coopération fiscale internationale.
Avec « La fiscalité camerounaise au scalpel », l’auteur élargit cette réflexion au système fiscal camerounais dans son ensemble. Publié dans la collection Essai sous l’ISBN 978-2-7547-7654-7, l’ouvrage entend fournir un cadre de lecture aux acteurs de l’administration, aux professionnels de la fiscalité et, plus largement, aux décideurs publics.
Sa publication intervient alors que le Cameroun cherche à accroître durablement ses recettes intérieures. La question est désormais de savoir dans quelle mesure les analyses et propositions développées dans ces 696 pages pourront nourrir les prochains arbitrages en matière de politique fiscale.
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