Mobile money : La BEAC revendique une longueur d’avance sur la BCEAO

La zone CEMAC aurait pris de l’avance sur l’Afrique de l’Ouest en matière d’interopérabilité des paiements mobiles. C’est l’affirmation portée par Habib Doutoum Mahamat Nassour, Directeur Central de la Stabilité Financière à la BEAC, lors de la table ronde inaugurale de la 4e édition de L’Economie Business Summit, consacrée à la souveraineté monétaire africaine. C’était le 2 juillet 2026 à Paris.
Selon lui, la BEAC dispose déjà d’un écosystème pleinement opérationnel alors que la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) n’a lancé sa propre plateforme interopérable, la PI-SPI, que le 30 septembre 2025. « La BCEAO a fait l’interopérabilité, je pense, en 2025. Nous, c’est il y a 4 à 5 ans », a-t-il résumé devant un parterre d’investisseurs et de décideurs.
Les chiffres corroborent en partie ce constat. Portée par le GIMAC depuis l’instruction du gouverneur de 2018, la plateforme GIMACPAY affiche aujourd’hui 124 participants, 37 millions de wallets mobiles et plus de 66 millions de transactions cumulées. Un service de rémittence sortante lancé en janvier 2025 permet même d’envoyer des fonds vers le reste du continent depuis un compte mobile ou bancaire de la zone CEMAC, une fonctionnalité que la plateforme ouest-africaine ne propose pas encore à ce stade.
Le duel reste néanmoins nuancé. Si la CEMAC a été pionnière sur le plan réglementaire, la BEAC elle-même reconnaît des retards d’application chez certains opérateurs, et l’UEMOA affiche des volumes de transactions nettement supérieurs à ceux de la CEMAC sur d’autres segments. Le débat, loin d’être tranché, illustre surtout la compétition croissante entre les deux banques centrales francophones pour s’imposer comme référence de l’intégration financière numérique en Afrique.
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