Filière avicole : Comment le Gabon prépare la fin des importations de poulet de chair

Le pays a lancé des initiatives pour respecter l’échéancier de janvier 2027.
Ce 17 juillet 2026, le Gabon va passer la commande de 3 millions de poussins. Cette initiative rentre dans le Plan Opérationnel d’Urgence de la Filière Avicole (POUFA). L’objectif des autorités est de structurer l’offre locale avant le 1er janvier 2027, date butoir fixée pour l’interdiction définitive des importations de poulet de chair sur le territoire.
L’implémentation de ce plan d’urgence repose sur un calendrier d’approvisionnement en poussins. Une première vague de livraison, comprenant 262 400 poussins, est programmée pour le mois de septembre 2026. Loin d’être dispersée au hasard, cette ressource avicole sera allouée à un réseau de 150 exploitations privées nationales. Ces structures ont fait l’objet d’un audit et d’une sélection par le ministère de l’Agriculture. Pour garantir la viabilité économique et technique de l’opération, les critères d’éligibilité imposent aux bénéficiaires de posséder un cheptel minimal de 1 000 têtes.
À terme, cette méthode vise un seuil de production de 5 000 tonnes de viande de volaille par an. La répartition géographique de cet effort industriel cible deux bassins agricoles. La plaine de Ayémé a un quota de 3 800 tonnes de production annuelle. De son côté, la province du Woleu-Ntem viendra compléter ce dispositif logistique en prenant en charge la production de 1 200 tonnes de poulets de chair.
Pour transformer cette ambition en réalité industrielle, le gouvernement gabonais n’a pas lésiné sur les moyens financiers. En mai dernier, l’exécutif a scellé des conventions d’investissement d’un montant global supérieur à 775 milliards de FCFA. Ces accords associent l’État à cinq partenaires privés locaux et internationaux. Parmi les investisseurs clés figurent le groupe turc Hakan Kiran Holding ainsi que l’association agricole chinoise, apportant à la fois capitaux et expertise.
Sur le terrain, le Gabon mise sur l’efficacité et la rapidité d’exécution en confiant les travaux de génie civil et d’aménagement au Génie militaire. Cette collaboration garantit le respect des délais avant l’échéance de 2027. Enfin, la viabilité à long terme des installations intègre une composante écologique et d’autonomie infrastructurelle : six sites de production seront intégralement équipés de kits solaires, protégeant ainsi les élevages des coupures énergétiques et réduisant l’empreinte carbone du made in Gabon.
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