Cameroun : Un lot de 83 tonnes de semences distribué dans les régions septentrionales

Le 8 juillet 2026, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobe, accompagné des responsables de l’Institut de recherche agricole pour le développement, a procédé à la remise de 83 tonnes de semences améliorées aux organisations de producteurs des régions du Nord, de l’Extrême Nord et de l’Adamaoua. Cette opération s’inscrit dans le prolongement de la campagne agricole 2026, lancée le 18 juin dernier à Poli, dans le département du Faro.
L’initiative relève du Plan intégré d’import substitution agropastoral et halieutique, dispositif à travers lequel l’État entend renforcer la production locale, améliorer les rendements et sécuriser l’accès des exploitants à du matériel végétal de qualité. Pour les autorités, la multiplication de semences certifiées à l’échelle locale doit permettre de consolider durablement l’offre alimentaire dans ces trois régions, historiquement fragilisées par l’insécurité et les aléas climatiques.
D’après les projections de l’Institut de recherche agricole pour le développement, l’emblavement de ces 83 tonnes sur une superficie de 7 500 hectares pourrait générer une production de 70 000 tonnes de semences certifiées. Un volume qui, s’il se confirme, devrait permettre à une large partie des producteurs septentrionaux de disposer d’un surplus d’intrants dès la prochaine campagne agricole, réduisant ainsi leur dépendance aux semences importées ou informelles.
Cette opération conjointe entre le ministère et l’institut de recherche prend tout son sens à la lumière de la facture céréalière du pays. En 2025, le Cameroun a importé pour 466,9 milliards de FCFA de céréales, soit 8,9 % de ses dépenses totales d’importation. Ce montant, bien qu’en recul de 14,1 % par rapport à 2024, demeure élevé et illustre l’ampleur du chemin à parcourir vers la souveraineté alimentaire. Le riz concentre à lui seul 268,7 milliards de FCFA d’achats extérieurs, soit 5,1 % des importations nationales.
Selon le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2027 2029, récemment présenté à l’Assemblée nationale, le blé et le méteil arrivent en deuxième position avec 187,8 milliards de FCFA importés, soit 3,6 % des dépenses. Les achats de maïs restent plus limités, à 10,3 milliards de FCFA. Ces chiffres, jugés préoccupants par l’exécutif, justifient selon lui l’accélération du plan d’import substitution, qui a par ailleurs déjà permis, à travers des campagnes intermédiaires menées ailleurs dans le pays, de produire plusieurs centaines de tonnes supplémentaires de semences certifiées de riz, de maïs, de mil, de sorgho et de soja.
Le gouvernement reconnaît toutefois que ces premiers résultats, bien qu’encourageants, ne suffisent pas encore à combler les déficits structurels de la filière céréalière camerounaise, qui reste largement tributaire des marchés extérieurs pour couvrir ses besoins.
Recevez notre briefing économique
Tous les jours avant 10h dans votre boîte mail





