Paiements numériques : GIMACPAY enregistre 20,3 millions de transactions pour 863 milliards de FCFA en 2025

Portée par l’essor de l’interopérabilité des paiements dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac), la plateforme régionale GIMACPAY a traité 20,3 millions de transactions pour une valeur cumulée de 863 milliards de FCFA en 2025, soit une progression de 40 % en volume par rapport à l’année précédente.
La plateforme régionale de paiement GIMACPAY poursuit sa montée en puissance. En 2025, l’infrastructure exploitée par le Groupement interbancaire monétique de l’Afrique centrale (GIMAC) a traité 20,3 millions de transactions, représentant une valeur globale de 863 milliards de FCFA. Ces performances ont été présentées le 30 juillet 2026 à Douala, à l’ouverture de l’atelier de concertation consacré à la révision de la grille tarifaire du système.
Selon les données communiquées par le GIMAC, l’activité a progressé de 40 % en nombre de transactions et de 20 à 22 % en valeur par rapport à 2024. En reconstituant cette évolution, l’exercice précédent ressortirait à environ 14,5 millions de transactions pour un volume financier proche de 710 milliards de FCFA. Depuis la mise en service de GIMACPAY en 2015, la plateforme a ainsi traité 84,33 millions de transactions, pour un montant cumulé de 3 624 milliards de FCFA.
Cette croissance s’appuie sur un écosystème régional désormais constitué de 153 participants, comprenant la BEAC, deux Trésors publics, 56 banques et établissements financiers, 26 établissements de microfinance, 16 établissements de paiement et opérateurs de mobile money, ainsi que 52 agrégateurs. Le réseau revendique également plus de 52 millions de wallets, plus de deux millions de portemonnaies électroniques bancaires et plus de trois millions de cartes GIMAC et internationales. Les cartes GIMAC représentent 36 % du parc régional, avec 1,124 million de cartes en circulation, pour un réseau de 2 066 guichets automatiques et 4 450 terminaux de paiement électronique.
Les statistiques présentées lors de la rencontre illustrent également le poids croissant du paiement mobile dans les usages régionaux. Au premier semestre 2026, les établissements de paiement et opérateurs de mobile money dominent largement les volumes de transactions, tant à l’émission qu’à l’acquisition, tandis que les banques continuent de jouer un rôle central sur les flux de plus forte valeur. Les opérateurs camerounais figurent parmi les principaux contributeurs de cette dynamique, aux côtés de leurs homologues du Gabon, du Congo et de la République centrafricaine.
Au-delà de ce bilan d’activité, les travaux de Douala visent à adapter une grille tarifaire devenue, selon les acteurs du secteur, moins adaptée à la démocratisation des paiements numériques. À l’ouverture des assises, le directeur général du GIMAC, Guy Noël Londongo a estimé que « la tarification actuelle pénalise les transactions de faible montant », et favorise le « fractionnement artificiel des opérations ». La révision engagée constitue, selon lui, « un choix stratégique » destiné à accompagner la généralisation des paiements électroniques dans la sous-région plutôt qu’un « simple ajustement technique ».
Présidant la cérémonie d’ouverture, le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a replacé cette réforme dans la continuité du lancement, la veille, du QR Code interopérable CEMAC. Il a souligné que « la diffusion des services de paiement interopérables impose désormais une adaptation de la structure tarifaire afin de réduire les coûts supportés par les usagers, tout en garantissant un modèle économique viable pour l’ensemble des intervenants de la chaîne de paiement ».
Pendant deux jours, banques, établissements de microfinance, établissements de paiement, opérateurs de mobile money et agrégateurs de la CEMAC examineront les propositions destinées à moderniser la tarification des services GIMACPAY, avec pour objectif de soutenir l’inclusion financière tout en accélérant l’adoption des paiements électroniques dans la sous-région.
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