Marché financier Cemac : La BVMAC met en garde contre l’offre publique de Dangote
PremiumAlors que Dangote Petroleum Refinery ouvre à Lagos une introduction en Bourse historique de près de 918 milliards de FCFA, la BVMAC sonne l’alarme en Afrique centrale. Faute de visa délivré par la COSUMAF, le régulateur régional interdit aux intermédiaires de la CEMAC de commercialiser l’opération et met en garde les épargnants contre des investissements directs non protégés.
L’introduction en Bourse de Dangote Petroleum Refinery suscite l’attention des investisseurs africains, mais elle ne peut pas, à ce stade, être commercialisée dans la CEMAC par les circuits agréés de la sous-région…
Alors que Dangote Petroleum Refinery ouvre à Lagos une introduction en Bourse historique de près de 918 milliards de FCFA, la BVMAC sonne l’alarme en Afrique centrale. Faute de visa délivré par la COSUMAF, le régulateur régional interdit aux intermédiaires de la CEMAC de commercialiser l’opération et met en garde les épargnants contre des investissements directs non protégés.
L’introduction en Bourse de Dangote Petroleum Refinery suscite l’attention des investisseurs africains, mais elle ne peut pas, à ce stade, être commercialisée dans la CEMAC par les circuits agréés de la sous-région. Ouverte le 14 septembre à la Nigerian Exchange (NGX), l’opération porte sur 4,1 milliards d’actions proposées à 525 nairas chacune, pour une valeur pouvant atteindre environ 2 150 milliards de nairas, soit près de 918 milliards de FCFA, en cas de souscription intégrale. L’offre, accessible aux investisseurs africains éligibles, doit s’achever le 13 octobre, avec une cotation prévue en novembre.
Dans un entretien accordé à nos confrères de La Lettre de la Bourse, Louis Banga Ntolo, directeur général de la BVMAC, souligne que l’opération ne dispose pas du visa du régulateur du marché financier régional. Selon le dirigeant, l’offre ne relève pas, en l’état, d’une opération pouvant être proposée dans la CEMAC au titre de la réglementation régionale. L’émetteur n’aurait pas mandaté, à la connaissance de la BVMAC, « d’intermédiaire agréé pour solliciter le visa de la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (COSUMAF) ».
Louis Banga Ntolo demande donc aux sociétés de bourse et aux banques agréées de « s’abstenir de proposer ou de démarcher les investisseurs » de la sous-région pour cette opération. Les épargnants sont également invités à la prudence face aux « plateformes privées susceptibles de collecter des fonds » en leur nom.
Les investisseurs souhaitant malgré tout participer à l’offre peuvent passer directement par des intermédiaires agréés de la NGX, sous réserve de respecter les règles applicables aux opérations de change. Dans ce cas, la BVMAC et la COSUMAF ne constitueraient pas, selon le DG, des voies de recours en cas de litige.
Des marchés encore peu connectés
Cette situation illustre les limites actuelles de l’intégration des marchés financiers africains. La ZLECAf prévoit, à travers son protocole sur les services financiers, des mécanismes de reconnaissance mutuelle des licences des sociétés de bourse. Leur mise en œuvre ne permet toutefois pas encore à un investisseur de la CEMAC d’accéder automatiquement aux opérations conduites sur les autres marchés du continent dans le cadre régional.
La BVMAC n’est par ailleurs pas encore connectée à l’African Exchanges Linkage Project (AELP), qui vise à faciliter les transactions entre plusieurs Bourses africaines. Une intégration à cette plateforme permettrait notamment, selon Louis Banga Ntolo, de faciliter l’accès aux titres Dangote sur le marché secondaire après leur cotation à Lagos.
Plusieurs contraintes resteraient néanmoins à régler : règlement-livraison, change, comptes-titres transfrontaliers, fiscalité et coûts des transactions.
Le prix de l’action au cœur de l’attractivité
Au-delà de la question réglementaire, la BVMAC voit dans l’opération une illustration du rôle que peut jouer le fractionnement des titres dans l’élargissement de l’actionnariat. À 525 nairas, soit environ 200 FCFA selon la conversion retenue, le prix unitaire de l’action vise notamment à rendre l’offre accessible à un nombre important d’investisseurs.
Louis Banga Ntolo estime que le prix d’une action ne préjuge pas, à lui seul, de la valorisation globale de l’entreprise. Il rappelle par ailleurs que Dangote Petroleum Refinery vise plusieurs millions d’actionnaires à travers le continent.
Pour les investisseurs de la CEMAC, l’opération présente toutefois une double contrainte : l’accès s’effectue hors du dispositif régional de protection et l’investissement reste exposé à l’évolution du naira. Le prix de souscription devra, en outre, être confronté aux conditions de marché après la cotation à Lagos.
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