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Gabon : BGFIBank et AFG Bank concentrent 68,8 % des crédits et 68,1 % des dépôts bancaires à fin juin 2026

Francois Gael Mbala29 juillet 2026Mis à jour le 29 juillet 2026Temps de lecture 3 min
Gabon : BGFIBank et AFG Bank concentrent 68,8 % des crédits et 68,1 % des dépôts bancaires à fin juin 2026
L'ECONOMIE

L’état comparatif des ressources et emplois par banque au titre de juin 2026, publié par l’Association Professionnelle des Établissements de Crédit du Gabon, dessine un paysage bancaire national dominé par un duopole de fait. Sur huit établissements actifs dans le pays, deux d’entre eux, BGFIBank et AFG Bank, concentrent près de 70 % de l’activité de crédit du pays, laissant aux six autres banques une portion résiduelle du marché.

Les statistiques de l’Association Professionnelle des Établissements de Crédit du Gabon, arrêtées à fin juin 2026, mettent en évidence une forte concentration du secteur autour de deux établissements. BGFIBank et AFG Bank dominent simultanément le marché du crédit, la collecte des dépôts et le financement de l’État.

BGFIBank détient 40,65 % des parts de marché crédits, hors placements bancaires et titres publics, tandis qu’AFG Bank en capte 28,10 %. Ensemble, ces deux acteurs représentent 68,75 % de l’ensemble des crédits distribués à l’économie gabonaise. Sur le plan des ressources, le constat est similaire. BGFIBank rassemble 35,58 % des dépôts collectés au niveau national, AFG Bank 32,52 %, portant leur total combiné à 68,10 % des ressources du secteur.

À l’autre extrémité du classement, BCEG apparaît comme un acteur marginal, avec seulement 0,23 % des parts de marché crédits et 0,60 % des parts de marché ressources. Entre ces deux pôles, UGB, Orabank, Ecobank, Citibank et UBA Gabon se partagent des positions modestes, oscillant toutes entre 3,50 % et 9,39 % du marché des crédits.

Ce déséquilibre se reflète également dans la taille des bilans. Le total actif de BGFIBank atteint 2 132,178 milliards de FCFA, celui d’AFG Bank s’élève à 1 770,531 milliards de FCFA. À titre de comparaison, BCEG affiche un total actif de seulement 71,876 milliards de FCFA, soit près de trente fois moins que le leader du marché. L’écart se retrouve aussi dans les fonds propres, où BGFIBank affiche 2 878,880 milliards de FCFA, un montant qui dépasse largement celui de l’ensemble des sept autres banques réunies, ces dernières cumulant environ 347,690 milliards de FCFA de fonds propres.

Cette concentration soulève plusieurs interrogations pour l’économie gabonaise. La première concerne l’accès au financement des petites et moyennes entreprises. Avec un marché aussi polarisé, les PME disposent-elles réellement d’un choix de partenaires bancaires suffisant pour négocier des conditions de crédit compétitives ? La seconde touche à la stabilité systémique. La défaillance ou la moindre difficulté conjoncturelle rencontrée par l’un des deux établissements dominants pourrait avoir des répercussions disproportionnées sur l’ensemble du système financier national, bien au-delà de sa part relative dans le nombre total de banques en activité.

Un troisième élément mérite attention, celui du réseau physique. BGFIBank, AFG Bank et UGB disposent chacune de 23 agences, un chiffre nettement supérieur à celui d’Orabank, neuf agences, ou de Citibank, seulement deux agences sur l’ensemble du territoire. Cette différence de maillage explique en partie la capacité des deux leaders à capter une clientèle plus large, notamment hors de Libreville, où BGFIBank compte six agences en province et AFG Bank sept.

Enfin, ce duopole prend une dimension supplémentaire lorsqu’on le met en perspective avec l’exposition au risque souverain évoquée précédemment. Ces deux mêmes banques, qui dominent le marché du crédit privé, sont également celles qui portent le plus lourd volume de créances sur l’État. Une double concentration, sur la clientèle privée comme sur le risque public, qui place BGFIBank et AFG Bank au centre de tous les équilibres du système bancaire gabonais, pour le meilleur comme pour le pire.

Les autorités monétaires régionales et les régulateurs nationaux pourraient légitimement s’interroger sur les mesures à envisager pour favoriser une diversification plus équilibrée de l’offre bancaire, dans l’intérêt de la concurrence comme de la résilience du secteur financier gabonais.

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Tags :AFG BANKAfriqueBGFIBankCEMACGabon
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