Filière laitière : Le PNUD s’engage à soutenir la transformation locale au Cameroun

Face au déficit structurel de la production laitière, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) entend accompagner le Cameroun dans le développement de la transformation locale du lait. L’annonce a été faite le 23 juillet 2026, à l’issue d’une rencontre entre le ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales, le Dr Taïga, et le représentant résident du PNUD au Cameroun, Mathieu Ciowela.
À travers ce partenariat, le PNUD ambitionne de contribuer au renforcement de la compétitivité de la filière laitière, à la valorisation des produits « Made in Cameroon » et à l’amélioration de l’ensemble de la chaîne de valeur. Le dispositif prévoit notamment une assistance technique pour la préparation du projet, un appui à la transformation du lait local ainsi que des programmes de renforcement des capacités des producteurs et de la relève au sein des communautés d’éleveurs.
Cet accompagnement intervient alors que la production nationale reste insuffisante pour satisfaire la demande intérieure. Selon les données du ministère de l’Élevage, elle est passée de 173 907 tonnes en 2022 à 176 618 tonnes en 2023, soit une progression de 1,6 %. Cette évolution demeure toutefois modeste au regard des besoins du marché, estimés à près de 300 000 tonnes par an. Le déficit dépasse ainsi 120 000 tonnes.
Des contraintes structurelles persistantes
La filière reste confrontée à plusieurs obstacles qui limitent son développement. Parmi les principales contraintes figurent l’insuffisance des infrastructures de collecte et de conservation, la faiblesse de la chaîne du froid ainsi que la forte concurrence des produits laitiers importés.
Dans les principaux bassins d’élevage, une part importante de la production ne parvient pas jusqu’aux centres de consommation ou aux unités de transformation, faute d’équipements adaptés. Cette situation entraîne d’importantes pertes post-récolte et réduit les revenus des producteurs.
Pour couvrir le déficit de l’offre locale, le Cameroun continue de recourir massivement aux importations. En 2023, le pays a importé 20 596 tonnes de lait et de produits laitiers pour un montant de 40,6 milliards de FCFA.
Une stratégie nationale à 305,7 milliards de FCFA
Considérée comme un levier majeur de la politique d’import-substitution, la filière laitière est appelée à contribuer à la création d’emplois, à l’amélioration des revenus des éleveurs et au développement d’une industrie agroalimentaire locale.
Dans cette perspective, le gouvernement a adopté en juin 2024 un Plan de développement de la filière laitière couvrant la période 2024-2035. Doté d’un investissement de 305,7 milliards de FCFA, ce programme vise à porter la production nationale à plus d’un million de tonnes d’ici à 2035, soit près de six fois le volume enregistré en 2023.
La réalisation de cette ambition reposera sur une forte mobilisation des financements publics et privés, l’amélioration génétique du cheptel, le développement des cultures fourragères, la modernisation des infrastructures de collecte et de transformation, ainsi que le renforcement de la gouvernance de la filière.
Dorothée ABOMO, Stg
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