Recettes non fiscales : Les failles de recouvrement persistent dans l’Adamaoua

Alors que le Cameroun ambitionne de mobiliser 400 milliards de FCFA de recettes non fiscales en 2026, les administrations de l’Adamaoua pointent des insuffisances dans la maîtrise des nouvelles dispositions budgétaires, le suivi des procédures et la mise en œuvre des stratégies de recouvrement. Des faiblesses qui expliquent en partie les contre-performances enregistrées jusqu’ici.
Le gouvernement poursuit ses efforts pour renforcer la mobilisation des recettes non fiscales, un levier appelé à réduire la dépendance de l’État aux recettes pétrolières et fiscales. Mais sur le terrain, les administrations chargées du recouvrement continuent de faire face à des difficultés opérationnelles qui limitent leurs performances. En 2025, le Cameroun n’a mobilisé que 352 milliards de FCFA de recettes non fiscales, contre un objectif de 400 milliards de FCFA, soit un manque à gagner de 48 milliards de FCFA.
Les recettes non fiscales regroupent notamment les droits liés à la délivrance de documents administratifs, les amendes, les loyers du patrimoine public, les droits de concours ainsi que les frais d’actes judiciaires.
Dans la région de l’Adamaoua, les administrations concernées identifient plusieurs facteurs expliquant ces contre-performances. Elles citent notamment la faible diffusion des nouvelles dispositions de la loi de finances, les difficultés d’appropriation des réformes par certains services, les insuffisances dans la mise en œuvre des plans de recouvrement ainsi que les faiblesses observées dans le suivi des procédures administratives.
Selon les responsables locaux, plusieurs administrations éprouvent encore des difficultés à maîtriser les mécanismes introduits par les récentes lois de finances, ce qui réduit l’efficacité des opérations de recouvrement.
Ces constats ont motivé la mission de sensibilisation conduite le 16 juillet 2026 dans l’Adamaoua par le ministère des Finances. Cette mission visait à diffuser les bonnes pratiques en matière de mobilisation des recettes non fiscales auprès des autorités administratives et municipales, tout en renforçant leurs capacités à faire appliquer les dispositions réglementaires auprès des usagers.
Un potentiel encore largement sous-exploité
Les marges de progression restent importantes. Selon une étude citée par les autorités, une optimisation des mécanismes de collecte permettrait de porter les recettes non fiscales à 600 milliards de FCFA par an, soit près du double des montants effectivement mobilisés ces dernières années.
Pour 2026, le gouvernement maintient un objectif de 400 milliards de FCFA. À plus long terme, le Document de programmation économique et budgétaire 2026-2028 prévoit une montée en puissance progressive de ces ressources, avec une cible de 450 milliards de FCFA en 2028, contre 300 milliards de FCFA effectivement recouvrés en 2024.
Au-delà du renforcement des capacités des administrations, l’atteinte de ces objectifs dépendra de l’amélioration de la gouvernance du recouvrement, de la digitalisation des procédures et d’une meilleure appropriation des réformes budgétaires par les services déconcentrés. Ces leviers apparaissent désormais déterminants pour permettre à l’État de capter un gisement de recettes encore largement sous-exploité.
Recevez notre briefing économique
Tous les jours avant 10h dans votre boîte mail





