Filière banane : Le Cameroun a reçu 31,6 milliards de FCFA de l’Union européenne entre 2013 et 2024
PremiumMobilisés sur douze ans dans le cadre du Programme Mesures d’Accompagnement Banane, ces appuis européens ont soutenu la compétitivité d’une filière dont les exportations ont atteint 122 000 tonnes au premier semestre 2026.
Mobilisés sur douze ans dans le cadre du Programme Mesures d’Accompagnement Banane, ces appuis européens ont soutenu la compétitivité d’une filière dont les exportations ont atteint 122 000 tonnes au premier semestre 2026.
Le Cameroun et l’Union européenne ont procédé, le 23 septembre 2026 à Yaoundé, à l’évaluation finale du Programme Mesures d’Accompagnement Banane (MAB). Mis en œuvre dans le cadre du Protocole banane ACP-UE, ce dispositif visait à accompagner la filière camerounaise dans sa transition vers un marché libéralisé, à la suite de l’Accord de Genève de 2009 et de l’entrée en vigueur progressive des Accords de partenariat économique (APE).
Entre 2013 et 2024, le Cameroun a ainsi bénéficié de 48,18 millions d’euros, soit 31,606 milliards de FCFA, au titre de ce programme. Les ressources ont notamment été orientées vers l’amélioration de la compétitivité de la filière, l’accroissement de la production, la réduction des coûts et la conquête de nouveaux marchés, notamment sous-régionaux.
En 2011, la banane représentait 46% des exportations de l’agriculture industrielle camerounaise. Les appuis européens avaient pour objectif d’accompagner l’adaptation de la filière aux évolutions du marché international, après la réduction progressive des préférences accordées à la banane africaine sur le marché européen.
« Les aides reçues étaient destinées à faciliter et accompagner le processus d’adaptation de cette filière, pour parvenir dans les meilleurs délais à un niveau de compétitivité suffisant lui permettant de faire face aux fluctuations du marché mondial et à la suppression de l’accès préférentiel au marché européen que subit la banane africaine et camerounaise », a souligné Paul Tasong, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, chargé de la planification, qui co-présidait les travaux avec Veronika Boskoviç Pohar, ambassadeur, chef de la Délégation de l’Union européenne au Cameroun.
Les exportations progressent
Les indicateurs récents témoignent d’une amélioration des performances à l’export. Selon l’Institut national de la statistique, les ventes de bananes à l’international ont généré 67,7 milliards de FCFA en 2025, soit une progression de 84% sur un an.
La tendance s’est poursuivie au premier semestre 2026. Les statistiques du commerce extérieur font état de 122 000 tonnes de bananes exportées sur les six premiers mois de l’année, en hausse de 17,6% par rapport à la même période de 2025. Parallèlement, 73% des volumes exportés répondent désormais aux standards internationaux de certification durable, selon les données présentées lors de l’atelier de restitution.
Cette évolution repose notamment sur les performances des principaux opérateurs de la filière, parmi lesquels les Plantations du Haut Penja (PHP), filiale de la Compagnie Fruitière, la Compagnie de Bananes de Mondoni (CDBM) et la Cameroon Development Corporation (CDC).
La filière demeure toutefois confrontée à plusieurs contraintes. Les effets des changements climatiques, les difficultés logistiques, les évolutions de l’environnement géopolitique et la crise sécuritaire dans le Sud-Ouest continuent de peser sur les capacités d’expansion de la production.
La question des infrastructures
Au terme du programme, l’enjeu porte désormais sur la consolidation des acquis et la mobilisation de nouveaux investissements. Pour les acteurs de la filière, les infrastructures constituent notamment un facteur déterminant de compétitivité.
« Tout cela a été investi pour appuyer la production, améliorer les conditions de production et les conditions de travail. Notre réaction, en tant que producteurs, c’est de remercier vivement le Gouvernement et l’Union européenne pour cet appui », s’est exprimé Franklin Ngoni Ikome Njie, directeur général de la CDC et président de l’Association bananière du Cameroun (Assobacam). Le responsable a toutefois déploré le mauvais état des routes, malgré l’augmentation de la production.
L’Union européenne relève également les effets du programme sur les producteurs, les travailleurs et les communautés concernées.
« Derrière ces tonnes de bananes que le Cameroun a pu exporter, ces profits, ces bénéfices, ce sont surtout les familles qui en ont bénéficié : les jeunes, les familles et les communautés. Nous sommes contents de voir les résultats. On ne peut pas dire qu’il n’y a pas eu de défis, il y en a eu, et je l’ai rappelé : nous avons travaillé dans des zones de crise, il y a eu la COVID-19 qui a aussi impacté les exportations. Donc pour tout dire, nous sommes contents que ce programme ait pu aboutir, que nous ayons pu accompagner le Cameroun », se réjouit l’UE.
Les travaux d’évaluation doivent désormais déboucher sur des propositions destinées à consolider les acquis du programme et à favoriser l’arrivée de nouveaux investissements dans la filière.
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