Cameroun : Les prix à la production industrielle progressent de 1,4 % au premier trimestre 2026

La hausse trimestrielle est principalement portée par les industries extractives, dont les prix augmentent de 5 %. Sur un an, l’IPPI reste toutefois contenu à +0,8 %.
Les prix à la production industrielle ont augmenté de 1,4 % au premier trimestre 2026, par rapport aux trois derniers mois de 2025, selon les données de l’Institut national de la Statistique (INS). Cette progression est principalement tirée par les industries extractives, dont les prix de production bondissent de 5 % sur la période.
Le secteur extractif constitue ainsi, selon l’INS, le « principal vecteur de la hausse des prix à la production au premier trimestre 2026 ». Cette évolution intervient dans un contexte de tensions sur les marchés internationaux des matières premières, notamment les hydrocarbures, alors que les perturbations géopolitiques ont accru la volatilité des cours du pétrole.
La hausse reste néanmoins contenue à l’échelle de l’ensemble de l’appareil productif. En glissement annuel, l’Indice des prix à la production industrielle (IPPI) progresse de seulement 0,8 % par rapport au premier trimestre 2025. Cette évolution traduit une pression encore modérée sur les prix de sortie d’usine des entreprises industrielles implantées au Cameroun.
L’agroalimentaire sous pression
Derrière les industries extractives, l’agroalimentaire contribue également à la progression de l’indice. Les prix à la production de cette branche augmentent de 1 % sur un trimestre.
L’INS relie cette évolution à la persistance de tensions sur certains coûts de production, notamment ceux des intrants agricoles et des emballages, auxquels s’ajoutent les contraintes logistiques. La progression demeure toutefois nettement inférieure à celle enregistrée dans les activités extractives.
Les industries manufacturières, prises dans leur ensemble, affichent pour leur part une hausse de 0,5 % en variation trimestrielle. Trois branches se distinguent particulièrement. Les prix progressent de 0,8 % dans l’agroalimentaire, de 1,7 % dans la fabrication de meubles et les autres industries manufacturières non classées ailleurs, et de 0,6 % dans la fabrication de produits minéraux.
Les chocs extérieurs se transmettent à l’industrie
Pour l’INS, les données du premier trimestre témoignent d’un appareil productif soumis à l’influence de facteurs extérieurs. La dynamique des prix reste toutefois différenciée selon les branches.
Les industries extractives apparaissent davantage exposées aux fluctuations des marchés internationaux, tandis que les activités manufacturières enregistrent une transmission plus progressive des tensions sur les coûts de production.
Cette divergence explique en partie l’écart entre la progression trimestrielle de l’IPPI et son évolution annuelle. Alors que les prix industriels accélèrent de 1,4 % entre le quatrième trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, leur hausse reste limitée à 0,8 % sur douze mois.
L’IPPI mesure l’évolution des prix de vente « départ usine » des biens et services industriels produits sur le territoire national, hors taxes et frais de transport. Il constitue ainsi un indicateur avancé de l’évolution des coûts auxquels sont confrontés les différents maillons de l’appareil productif.
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