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La CEMAC s’équipe d’une centrale des risques bancaires pour sécuriser l’accès au crédit

Francois Gael Mbala16 avril 2026Mis à jour le 1 juillet 2026Temps de lecture 3 min
La CEMAC s’équipe d’une centrale des risques bancaires pour sécuriser l’accès au crédit
L'ECONOMIE

Dans un contexte marqué par la fragilité du système bancaire régional et les difficultés d’accès au financement, les ministres des Finances de la zone CEMAC, réunis le 8 avril 2026 à Ndjamena, ont approuvé le projet de création d’une centrale des risques bancaires à l’échelle communautaire.

Ce dispositif prendra en compte, le secteur de la microfinance et permettra d’améliorer l’accès au crédit tout en renforçant la transparence financière. L’initiative vise à résoudre la problématique liée à l’asymétrie d’informations entre établissements de crédit, qui limite leur capacité à évaluer correctement les risques clients et freine la distribution du crédit.

Contrairement aux systèmes existants dans certains États membres, apprend-on, cette centrale aura une portée régionale. Elle centralisera les données sur l’endettement des emprunteurs, (particuliers comme entreprises) à travers les six pays de la CEMAC (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et Tchad).

La microfinance, grande nouveauté du dispositif

L’extension du périmètre à la microfinance constitue une innovation. Jusqu’à présent, ce secteur, qui joue un rôle crucial dans le financement des PME et des populations rurales, échappait largement aux mécanismes formels de partage d’informations sur les risques.

Or, les chiffres révèlent l’ampleur des enjeux. En 2024, les établissements de microfinance de la CEMAC ont accordé plus de 1 000 milliards de FCFA de crédits, le Cameroun représentant à lui seul 57,6 % du marché régional avec 659,4 milliards de FCFA. Mais cette expansion s’accompagne de risques croissants.

Un levier pour débloquer le financement de l’économie

Le système bancaire de la CEMAC reste structurellement faible. Avec seulement 51 banques pour un actif total de 20 milliards de dollars (huit fois moins que le Nigeria) la région peine à financer son économie. Le crédit au secteur privé n’atteint que 14,5 % du PIB au Cameroun, contre une moyenne de 28,7 % en Afrique subsaharienne.

Les créances en souffrance ont explosé ces dernières années, alimentées par les retards de paiement des États et la défaillance d’entreprises privées. La centrale des risques bancaires devrait permettre aux établissements financiers de mieux identifier les bons payeurs, de réduire les prêts non performants et, à terme, d’accroître le volume de crédit disponible.

La CEMAC a déjà déployé un système nommé Centrale des Incidents de Paiement (CIP), comportant trois modules, dont le Fichier Régional des Clients et Comptes Bancaires (FRCB), basé sur le Know Your Customer électronique. Le nouveau règlement s’inscrit dans la continuité de cette architecture.

Ce système permettra notamment aux banques d’évaluer la solvabilité des détenteurs de comptes de mobile money désireux d’accéder au crédit, grâce à la centralisation des informations en temps réel.

L’efficacité du dispositif dépendra de plusieurs facteurs, notamment la qualité des données transmises par les établissements financiers, la rapidité d’accès à l’information et la coordination entre autorités nationales et régionales.

La gouvernance du système (gestion technique, contrôle, protection des données personnelles) devra également être clarifiée pour garantir la confiance des acteurs.

Dans un contexte où la croissance de la CEMAC devrait ralentir à 2,9 % en 2026 après 3,5 % en 2025, cette centrale des risques bancaires devra permettre de transformer la surveillance financière en levier de développement économique.

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Tags :AfriqueCEMAC
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