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Economie

Kribi : Le potentiel entrepreneurial freiné par le manque de financement

Landry TYAGA8 juillet 2026Mis à jour le 8 juillet 2026Temps de lecture 2 min
Kribi : Le potentiel entrepreneurial freiné par le manque de financement
L'ÉCONOMIE

Dans la ville de Kribi, l’élan entrepreneurial est palpable. Pourtant, pour bon nombre de porteurs de projets, l’accès au financement reste le principal frein à la concrétisation de leurs ambitions. Micro-entreprises, TPE et PME peinent à trouver les ressources nécessaires pour démarrer ou développer leurs activités, malgré une réelle volonté de contribuer à un tissu économique local solide et compétitif.

Au quartier Ebouyé, dans le 2ᵉ arrondissement, un groupe de jeunes entrepreneurs illustre cette situation. Réunis au sein du Groupement d’initiative commune (GIC) Océan Agro écologique, ils investissent depuis six ans leurs fonds propres dans l’élevage et la commercialisation de viande. Avec près d’une centaine de bêtes et un investissement cumulé de 19 millions de FCFA dans la filière porcine, ils ont bâti une structure fonctionnelle sans appui significatif de l’État.

« Nous avons tout fait sur fonds propres », confie Rodrigue Kebeh, l’un des membres fondateurs. Le groupe dit disposer de deux projets prêts à démarrer : une ferme avicole de 4 000 poulets et une chaîne de restauration valorisant leurs productions. Faute de financement, ces initiatives restent au stade de projets. « L’État doit davantage s’intéresser aux structures déjà implantées et performantes sur le terrain », estime-t-il.

Le cas du GIC Océan Agro écologique n’est pas isolé. À Kribi, plusieurs entrepreneurs se heurtent au même obstacle. M. Fendju, quinquagénaire, s’est spécialisé dans les produits d’entretien. Son entreprise, PACH SOLUTION SARL, propose une gamme de savons nettoyants et de parfums d’intérieur. Parti d’une production artisanale, il souhaite passer à une fabrication semi-industrielle pour répondre à une demande croissante. « Il me manque juste les moyens d’acquérir des équipements modernes », indique-t-il. Il cite, comme d’autres, la rareté du crédit bancaire, des exigences de garanties souvent inaccessibles et l’absence de subventions ciblées.

Plaidoyer pour un guichet unique simplifié

Cette situation freine l’émergence d’une classe moyenne d’entrepreneurs dans une ville en pleine transformation, portée par le port en eaux profondes et le tourisme. Artisans, commerçants et jeunes promoteurs portent des initiatives dans l’agroalimentaire, les services, la transformation locale ou l’écotourisme. Le manque d’accompagnement financier limite toutefois leur capacité à se projeter, à créer des emplois et à peser davantage dans l’économie locale.

Face à ce constat, certains acteurs appellent à une réorientation des politiques d’appui. Au-delà des grands projets d’infrastructure, ils plaident pour des mécanismes mieux adaptés aux réalités des TPE et PME : fonds de garantie, microcrédits à taux bonifiés, incubateurs locaux, ainsi qu’un guichet unique simplifié pour les demandes de subvention.

De son côté, l’administration, par la voix de Michelle Minette Ada, déléguée départementale des petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat pour l’Océan, nuance ce constat : « Les financements ne se font pas de manière hasardeuse, il y a un processus pour les obtenir. »

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Tags :Actualité du CamerounCamerounFinancement des PMEKribiPME
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