Gabon : L’État débloque 51 milliards de FCFA pour réduire sa dette envers le privé

Avec 30 milliards destinés aux secteurs minier et forêt-bois et 21 milliards aux PME, l’opération vise à libérer de la trésorerie dans une économie confrontée à une dette intérieure de 4 652 milliards de FCFA.
Le Gabon engage une nouvelle opération d’apurement de sa dette intérieure. Le chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, a acté le 11 août 2026 le décaissement de 51 milliards de FCFA au profit d’entreprises privées détenant des créances sur l’État. L’enveloppe prévoit 30 milliards de FCFA pour les entreprises des secteurs minier et forêt-bois et 21 milliards pour le règlement des créances des Petites et Moyennes Entreprises (PME).
Les bénéficiaires sont notamment des entreprises partenaires de l’État dans le BTP, l’entretien, la fourniture de produits alimentaires et l’approvisionnement en carburant. Le paiement de ces créances doit permettre de réinjecter des liquidités dans les entreprises concernées, alors que les retards de règlement publics pèsent directement sur leur capacité à financer leur activité.
Pour les PME, l’opération présente un double enjeu. Au-delà de l’amélioration immédiate de leur trésorerie, le règlement des créances doit leur permettre de respecter leurs obligations fiscales et sociales, de préserver leurs emplois et de dégager des marges pour de nouveaux investissements. Le gouvernement entend ainsi renforcer la relation financière entre l’État et ses fournisseurs privés.
L’opération intervient dans un contexte de dette intérieure particulièrement élevée. Celle-ci est estimée à près de 4 652 milliards de FCFA. À cette échelle, les 51 milliards de FCFA annoncés ne représentent qu’une fraction de l’encours, mais constituent une injection de liquidités susceptible de soutenir les entreprises directement concernées.
L’enjeu est d’autant plus important que l’accès au financement bancaire demeure un déterminant central de l’activité privée. Selon la récente note de conjoncture du ministère gabonais des Finances, les crédits à l’économie représentaient 48,2 % de l’ensemble des crédits au quatrième trimestre 2025, contre 47,5 % au trimestre précédent. Sur la période, ils ont progressé de 3,5 %, sous l’effet notamment des branches du secteur hors pétrole.
Dans ce contexte, le règlement des créances publiques peut jouer un rôle complémentaire au crédit bancaire. En transformant des factures en liquidités, l’État redonne aux entreprises une capacité de paiement et de financement qui peut contribuer à soutenir leur activité. L’efficacité de l’opération dépendra toutefois de la rapidité effective des règlements et de la poursuite du processus d’apurement de la dette intérieure.
Dorothée ABOMO, Stg
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