Cemac :Geneva Investment Corporation engage la constitution de son comité de notation souveraine

Basée à Douala, l’agence de notation financière cherche à constituer l’organe de décision de sa filiale GIC Rating S.A, candidate à l’agrément de la Cosumaf. L’initiative intervient dans un espace où les États dépendent exclusivement des grandes agences internationales pour évaluer leur solvabilité.
La zone CEMAC pourrait bientôt disposer de sa propre capacité d’évaluation du risque souverain. Geneva Investment Corporation (GIC), société basée à Douala, a ouvert le 26 juin un appel à candidatures pour constituer le Comité de Notation des Dettes Souveraines (CNDS) de sa filiale GIC Rating S.A. La date limite de dépôt des candidatures est fixée au 26 juillet 2026.
L’enjeu dépasse le simple recrutement. Jusqu’ici, les acteurs financiers de la CEMAC dépendaient exclusivement des agences de notation internationales pour évaluer leur solvabilité (Standard & Poor’s, Fitch et Moody’s), dont la couverture de la sous-région reste partielle et intermittente. GIC Rating ambitionne de combler ce vide en produisant des évaluations souveraines couvrant les six États membres (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, Tchad et République centrafricaine).
Un comité isolé des équipes analytiques
La structure du CNDS est calquée sur les standards des grandes agences. L’organe sera distinct des équipes d’analystes et exercera, selon les termes de l’appel à candidatures publié sur son compte LinkedIn, « ses fonctions en toute indépendance ». Il disposera du pouvoir d’« attribuer, confirmer, relever, abaisser ou retirer les notes de crédit souverain » attribuées aux États de la CEMAC, et validera les rapports analytiques avant toute publication. Ses membres seront en outre tenus à une obligation stricte de confidentialité et devront déclarer « immédiatement et spontanément tout conflit d’intérêt potentiel ou avéré ».
Les postulants, apprend-on, doivent avoir minimum un diplôme de niveau Bac+5 minimum, dix ans d’expérience dans l’économie publique, les marchés de capitaux ou le droit financier, et aucune fonction gouvernementale active dans l’un des six pays concernés. Une expérience auprès du FMI, de la Banque mondiale ou de la BEAC constitue un atout explicitement mentionné.
Il faut préciser que GIC Rating n’est pas encore opérationnelle. En novembre 2025, la société a déposé sa demande d’agrément auprès de la Cosumaf, sur la base du règlement n°01/22 du 21 juillet 2022 qui prévoit, en ses articles 241 et suivants, la création d’agences de notation en zone CEMAC. Dotée d’un capital initial de 100 millions de FCFA, elle se positionne comme pionnière dans ce secteur.
La constitution du CNDS avant l’obtention de l’agrément répond vraisemblablement à une logique de conformité. La Cosumaf exige, dans son cadre réglementaire, que les agences candidates démontrent l’existence d’un dispositif de gouvernance crédible (comité de notation, gestion des conflits d’intérêts, méthodologie documentée) avant toute autorisation d’exercer.
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