Cameroun : 7 entreprises publiques dépassent le seuil de 100 milliards de FCFA de chiffre d’affaires

La nouvelle classification des entreprises publiques camerounaises fait évoluer la hiérarchie établie en 2023. Plusieurs sociétés changent de catégorie, avec des effets sur leur positionnement et le régime applicable à leurs dirigeants.
Le paysage des entreprises publiques camerounaises évolue. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a procédé à une nouvelle classification de 34 sociétés nationales et de 75 établissements publics. Établi à partir des performances enregistrées au cours des exercices 2022, 2023 et 2024, ce classement fixe la répartition des entités concernées pour les trois procha…
La nouvelle classification des entreprises publiques camerounaises fait évoluer la hiérarchie établie en 2023. Plusieurs sociétés changent de catégorie, avec des effets sur leur positionnement et le régime applicable à leurs dirigeants.
Le paysage des entreprises publiques camerounaises évolue. Le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, a procédé à une nouvelle classification de 34 sociétés nationales et de 75 établissements publics. Établi à partir des performances enregistrées au cours des exercices 2022, 2023 et 2024, ce classement fixe la répartition des entités concernées pour les trois prochaines années.
La principale évolution concerne la première catégorie des entreprises publiques. Réservée aux sociétés dont le chiffre d’affaires dépasse 100 milliards de FCFA, elle compte désormais sept entreprises, contre quatre dans la classification précédente.
La Cameroon Telecommunications (Camtel), la Société de développement du coton du Cameroun (Sodecoton), la Société nationale de raffinage (Sonara) et la Société nationale des hydrocarbures (SNH), déjà présentes dans cette catégorie en 2023, sont rejointes par la Compagnie camerounaise d’aluminium (Alucam), la Société camerounaise d’électricité (Socadel) et le Port autonome de Douala (PAD).
Cette évolution traduit notamment la progression de ces trois dernières entreprises dans la nouvelle grille de classification. Le PAD et Alucam, qui figuraient auparavant en deuxième catégorie, accèdent ainsi au premier niveau. Socadel fait également son entrée dans le groupe des entreprises affichant les chiffres d’affaires les plus élevés.
Sonatrel seule en deuxième catégorie
Le deuxième niveau de la classification compte désormais une seule entreprise : la Société nationale de transport d’électricité (Sonatrel). Cette catégorie correspond aux entreprises dont le chiffre d’affaires est compris entre 50 et 100 milliards de FCFA.
Lors de la précédente classification, Sonatrel partageait cette catégorie avec le PAD et Alucam. La montée de ces deux sociétés en première catégorie modifie donc la composition de ce groupe.
La troisième catégorie accueille désormais sept entreprises, contre cinq auparavant. Elle regroupe les sociétés dont le chiffre d’affaires se situe entre 10 et 50 milliards de FCFA. La Cameroon Development Corporation (CDC) y fait son entrée, aux côtés de Camair-Co, Camwater, Electricity Development Corporation (EDC), Aéroports du Cameroun (ADC), du Port autonome de Kribi (PAK) et de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (SCDP).
Le passage de la CDC de la catégorie supérieure à cette troisième catégorie constitue l’un des principaux mouvements à la baisse du nouveau classement.
La quatrième catégorie comprend trois entreprises réalisant entre 5 et 10 milliards de FCFA de chiffre d’affaires. Il s’agit du Conseil national des chargeurs du Cameroun (CNCC), du Laboratoire national de génie civil (Labogenie) et de la Société de presse et d’éditions du Cameroun (Sopecam).
Enfin, la cinquième catégorie regroupe 16 entreprises, soit deux de moins que dans la classification de 2023. Elle rassemble les sociétés dont le chiffre d’affaires est inférieur à 5 milliards de FCFA. On y retrouve notamment Lanavet, Matgenie, Maetur, Magzi, Semry, Sonamines, la Société immobilière du Cameroun (SIC), la Société nationale d’investissement (SNI), Campost et Anafor.
75 établissements publics également classés
La nouvelle classification concerne également 75 établissements publics, soit le même nombre que lors de l’exercice précédent. Ces structures, créées pour assurer des missions d’intérêt général, sont elles aussi réparties en cinq catégories.
Le Fonds spécial d’équipement et d’intervention intercommunale (Feicom) figure dans la première catégorie. L’Agence de régulation des télécommunications (ART) est, pour sa part, classée dans la deuxième catégorie, aux côtés de la Caisse de stabilisation des prix des hydrocarbures (CSPH) et du Fonds routier.
Sept établissements figurent dans la troisième catégorie et 12 dans la quatrième. La cinquième catégorie reste largement majoritaire avec 51 établissements. Elle regroupe notamment les missions de développement, les écoles et différents instituts publics.
Des effets sur la rémunération des dirigeants
Au-delà de la seule classification administrative, cette répartition produit des effets financiers sur les dirigeants des entreprises et établissements publics. La catégorie d’appartenance détermine notamment le niveau de rémunération, les indemnités et certains avantages accordés aux responsables.
À titre d’illustration, le directeur général d’une entreprise relevant de la première catégorie perçoit un solde mensuel de 8,06 millions de FCFA, contre 5,37 millions de FCFA pour celui d’une entreprise de deuxième catégorie.
Le nouveau texte apporte également une clarification pour le Crédit foncier du Cameroun (CFC) et la Société de recouvrement des créances du Cameroun (SRC). Ces deux établissements ne sont plus soumis au classement en cinquième catégorie retenu depuis 2023.
Le texte précise que les établissements publics opérant dans le domaine financier sont désormais régis, pour le régime de rémunération de leurs administrateurs et dirigeants sociaux, par les dispositions applicables au secteur bancaire, conformément à la réglementation communautaire en vigueur.
La nouvelle classification établit ainsi une hiérarchie fondée sur les performances financières des entreprises publiques tout en servant de référence pour le régime applicable à leurs dirigeants au cours des trois prochaines années.
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