BVMAC : Qui contrôle désormais l’intermédiation financière en Afrique centrale ?
PremiumLe classement 2025 de la BVMAC réserve quelques changements par rapport à l’exercice précédent. Si l’activité demeure concentrée, les acteurs qui occupent désormais les premières positions ne sont pas nécessairement ceux qui dominent sur tous les indicateurs.
Le marché financier de l’Afrique centrale a changé de hiérarchie. En 2025, SG Capital CEMAC, Building Emerging Markets Securities et ASCA ont constitué le nouveau trio de tête des sociétés de bourse opérant sur le marché régional, selon le Rapport annuel d’activités 2025 de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC).
Le classement 2025 de la BVMAC réserve quelques changements par rapport à l’exercice précédent. Si l’activité demeure concentrée, les acteurs qui occupent désormais les premières positions ne sont pas nécessairement ceux qui dominent sur tous les indicateurs.
Le marché financier de l’Afrique centrale a changé de hiérarchie. En 2025, SG Capital CEMAC, Building Emerging Markets Securities et ASCA ont constitué le nouveau trio de tête des sociétés de bourse opérant sur le marché régional, selon le Rapport annuel d’activités 2025 de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale (BVMAC).
Cette recomposition tranche avec le classement observé un an plus tôt. La BVMAC relève en effet que « la pondération de ces différents critères met en évidence une recomposition du classement des principaux intermédiaires par rapport à l’exercice 2024 », alors que Afriland Bourse, Financia Capital, Société Générale Capital Securities, CBC Bourse et Africa Bright Securities figuraient parmi les principaux acteurs du marché.
SG Capital CEMAC, le leadership par l’activité
Avec 19,50 % de part de marché, SG Capital CEMAC s’est hissée à la première place du classement général des sociétés de bourse en 2025. Son leadership repose d’abord sur l’intensité de son activité. La société arrive en tête pour le nombre de transactions réalisées à l’achat comme à la vente, avec 216 opérations. Elle occupe également la première place en volume de titres vendus, avec 423 778 titres, selon la BVMAC.
« Cette performance repose notamment sur son leadership en nombre de transactions achats et ventes et en volumes de titres vendus », souligne le rapport annuel. Le positionnement de SG Capital CEMAC apparaît ainsi fondé sur une présence régulière sur le marché. Dans un environnement où les échanges restent limités, la capacité à multiplier les opérations constitue un indicateur de poids dans l’animation de la cote.
Cette domination n’est cependant pas absolue. La société ne se classe qu’au troisième rang en valeur des transactions réalisées en numéraire. Un élément qui montre que le leadership sur le marché ne dépend pas uniquement de la taille financière des opérations.
Building Emerging Markets Securities, le poids des grandes transactions
Le deuxième acteur du classement présente un profil radicalement différent. Building Emerging Markets Securities détient 18,25 % de part de marché, avec seulement dix opérations d’achat et de vente recensées au cours de l’exercice. Un nombre limité comparé aux 216 transactions de SG Capital CEMAC.
Pourtant, ces quelques opérations ont porté sur 403 759 titres et représenté plus de 3,78 milliards de FCFA de transactions. La BVMAC souligne ainsi que la société « se distingue par l’importance des volumes traités et par une valeur des transactions supérieure à 3,78 milliards de FCFA, ce qui témoigne d’un positionnement sur des opérations de grande taille ».
Cette configuration constitue l’un des principaux enseignements du classement. Sur la BVMAC, l’influence d’un intermédiaire ne repose pas nécessairement sur la fréquence de son intervention. Quelques transactions importantes peuvent suffire à modifier profondément la hiérarchie annuelle.
Elle pose également la question de la structure réelle du marché secondaire régional. Une partie de l’activité semble dépendre d’opérations ponctuelles portant sur des blocs importants de titres, plutôt que d’un flux régulier d’ordres provenant d’un grand nombre d’investisseurs.
ASCA, la puissance de feu financière
ASCA complète le podium avec une part de marché de 13,85 %. La société se distingue surtout par la valeur des transactions réalisées. Elle a enregistré, selon le rapport, « la plus importante valeur de transactions de l’exercice », avec 4,379 milliards de FCFA.
Ce résultat lui permet de compenser un niveau d’activité plus modéré en volume de titres échangés. Le contraste entre les trois premiers du classement dessine ainsi trois profils distincts. SG Capital CEMAC domine par le nombre d’opérations et les volumes. Building Emerging Markets Securities s’impose grâce à quelques opérations de grande taille. ASCA prend l’avantage sur la valeur globale des transactions.
La hiérarchie des intermédiaires apparaît donc moins homogène qu’elle ne pourrait le laisser croire. Le marché de l’intermédiation financière en Afrique centrale est animé par des acteurs qui ne captent pas nécessairement les mêmes segments d’activité.
L’Archer Securities et Africa Bright Securities complètent le peloton de tête
Derrière ce trio, L’Archer Securities occupe la quatrième place avec une part de marché de 12,41 %. Elle se classe au deuxième rang en nombre de transactions, avec 208 opérations, et au troisième rang en volume de titres négociés, avec 333 000 titres. Africa Bright Securities ferme le top cinq avec 7,23 % de part de marché. La société a réalisé 195 transactions au cours de l’exercice pour une valeur de 583,7 millions de FCFA.
Ces chiffres confirment que le nombre d’opérations ne correspond pas toujours à la valeur financière générée. Africa Bright Securities a ainsi réalisé presque autant de transactions que les principaux acteurs les plus actifs du marché, sans atteindre leurs montants de transactions.
26 sociétés de bourse pour un marché encore étroit
Cette recomposition intervient alors que le nombre de sociétés de bourse actives continue de progresser. Selon le rapport annuel de la BVMAC, « vingt-six sociétés de bourse étaient en activité au 31 décembre 2025, contre 25 à fin 2024 ». Cette progression contraste avec l’étroitesse persistante du marché secondaire.
La BVMAC considère que les intermédiaires jouent un rôle déterminant dans « le développement de la liquidité et le renforcement de la profondeur du marché financier de la CEMAC ».
Mais les données du classement montrent aussi une concentration de l’activité autour d’un nombre limité d’acteurs. Les cinq premières sociétés de bourse représentent ensemble plus de 71 % des parts de marché selon les données publiées dans le rapport.
La bataille pour les futurs émetteurs
La recomposition observée en 2025 pourrait surtout constituer le prélude à une nouvelle phase de concurrence. La BVMAC anticipe plusieurs introductions en Bourse et émissions obligataires. Son rapport présente notamment le déploiement du BVMAC Enterprise Support Programme, destiné à préparer les grandes entreprises et les PME aux exigences du marché financier.
L’institution évoque également un portefeuille de projets comprenant notamment Zenithe Insurance, CBC Bank et Aéroports du Cameroun, ainsi que 15 entreprises publiques susceptibles d’être introduites sur le marché.
Dans cette perspective, la bataille entre sociétés de bourse pourrait progressivement se déplacer. Elle ne porterait plus uniquement sur l’exécution des ordres sur le marché secondaire, mais également sur la capacité à accompagner les entreprises dans leurs levées de fonds, leurs émissions obligataires et leurs projets d’introduction en Bourse.
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